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La transformation des bureaux en logements, une bonne solution qui ne suffit pas

La transformation des bureaux en logements, une bonne solution qui ne suffit pas

La loi « Climat et Résilience » accélère la réhabilitation des bureaux en logements

Dans un objectif de lutter contre le réchauffement climatique et l’artificialisation des sols, la loi « Climat et Résilience » a été votée le 4 mai par les députés. De nouvelles politiques d’urbanisme vont être mises en place pour limiter l’étalement urbain et ainsi protéger les espaces naturels. Un objectif de zéro artificialisation des sols est prévu pour 2050 mais d’ici là, la priorité est de diviser par deux le rythme des nouvelles constructions.

Mais comment atteindre cet objectif tout en faisant face aux impératifs socio-économiques de la population française qui augmente chaque année ? Une des réponses apportées par la ministre du logement est d’accélérer la dynamique de transformation des immeubles de bureaux en logement pour répondre à la pénurie. Mais cette idée, loin d’être nouvelle fait débat.


Ce qui milite en faveur de cette transformation


  • Un grand nombre d’entreprises déclare vouloir réduire leur surface de bureaux inutilisées en raison de la crise sanitaire et du télétravail. Rien que pour l’ile de France, c’est près de 3,3 millions de m2 des surfaces de bureaux qui pourraient être réhabilitées.
  • L’évolution des usages en entreprise et la nouvelle Loi climat-énergie engendrent l’obsolescence d’immeubles de bureau qui nécessitent une rénovation profonde.

A ces deux constats favorables à une transformation des bureaux en logements subsiste néanmoins des contraintes qui limitent l’envergure de la démarche.


Tous les immeubles ne sont pas transformables


Seulement 20% des immeubles montreraient un réel potentiel de transformation. Pour les promoteurs, cette solution de réhabilitation n’est pas durable étant donné le coût de la transformation : Façades non appropriées, absence de surface extérieur, mise aux normes environnementales… autant de facteurs qui font grimper la facture pour une adaptation réussie.

Dés lors, cette solution se limite à des zones géographiques dans lesquelles le prix au m² du logement est très supérieur à celui du bureau.


Une solution qui se limite aux grandes agglomérations


Si aujourd’hui la conception des quartiers se conçoit de manière mixte, il existe un grand nombre de zones exclusivement dédiées aux bureaux qui ne sauraient répondre aux attentes des habitants. S’il est simple d’imaginer habiter un ancien immeuble de bureaux réhabilité situé en centre-ville, il est plus difficile de se projeter dans un environnement exempté de commerce et de commodité.

Aujourd’hui, la grande majorité des projets de ce type sont portés par des Marchands de Biens qui opèrent dans les grandes agglomérations, là où l’impact économique reste positif malgré le coût des transformations.


Une convergence de mesures pour répondre au défi urbain et à la pénurie de logement


Une mesure seule ne suffira donc probablement pas à répondre à la demande. C’est en réalité l’association d’idées et d’initiatives qui apporteront des solutions ; la réhabilitation et le changement d’usage, le réaménagement d’espace de parkings extérieurs autour de pôles commerciaux, la surélévation des bâtis existants, la densification, la réhabilitation des commerces … autant de sujets qui doivent par ailleurs être portés par les pouvoirs publics et élus locaux.